Désinsertion professionnelle : l'importance de la prévention
Après un arrêt de travail, il peut être difficile de reprendre une activité. C'est justement pour prévenir la désinsertion professionnelle que l'Assurance maladie a mis en place une série d'actions.
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L’allongement de la durée de la vie active et l’augmentation de la prévalence des maladies chroniques, notamment, ont fait de la prévention de la désinsertion professionnelle un enjeu majeur. Mais de quoi s’agit-il ? « Ce sont toutes les actions qui permettent de limiter le risque de perte d’activité professionnelle à la suite d’une altération de l’état de santé, explique Marie-Ange Biteau, directrice adjointe en charge de l’animation et du pilotage du service social et de la prévention de la désinsertion professionnelle à l’Assurance maladie.
Le problème de santé peut être consécutif d’une maladie, d’un accident professionnel ou non. Il peut se déclarer à tout moment de la vie active, mais son incidence augmente avec l’âge. »
Agir bien en amont
L’Assurance maladie actionne tous les leviers qui permettent d’éviter la désinsertion. « Les campagnes de prévention grand public aident les personnes à rester en bonne santé le plus longtemps possible (vaccination, promotion de l’activité physique…) », illustre Marie-Ange Biteau.
L’institution communique aussi plus spécifiquement envers certains secteurs ou certaines catégories de salariés. Il peut s’agir « d’actions de prévention sur le risque de chute dans le bâtiment, par exemple ».
Proposer un accompagnement
L’Assurance maladie repère, enfin, les assurés concernés par le risque de désinsertion professionnelle (arrêts de travail longs, réitérés, consommation de soins ou de médicaments), grâce à son service médical ou aux conseillers des caisses primaires d’assurance maladie (CPAM). Mais ces personnes peuvent aussi être orientées par les services de santé au travail, les Cap emploi, les médecins traitants, etc.
Le service social de l’Assurance maladie prend alors contact pour présenter une offre de services, que l’assuré est libre d’accepter ou de refuser. « Nous proposons un soutien social personnalisé, combinant accompagnement individuel et collectif, afin de limiter le risque de désinsertion professionnelle et ses impacts sociaux et familiaux », explique Marie-Ange Biteau.
Un plan d'action personnalisé
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S’il est d’accord, l’assuré va ensuite rencontrer l’un des 1 600 assistants de service social diplômés d’État de l’Assurance maladie. Une évaluation globale est réalisée afin de proposer un plan d’aide adapté, « qui met l’assuré au cœur de son projet », avec des entretiens de suivi périodiques (en présentiel ou à distance).
« Ce plan peut aller de l’accompagnement psychosocial, à l’aide dans l’élaboration d’un projet de reprise, de reclassement ou de réorientation, en passant par le conseil sur les démarches à réaliser et la coordination des dispositifs et offres des différents acteurs des territoires, énumère la directrice adjointe.
L’objectif est de sécuriser le retour vers l’activité professionnelle, à son poste, à un autre poste dans son entreprise, ou dans une entreprise différente, selon les situations. »
En 2023, le service social de l’Assurance maladie a accompagné 174 000 assurés.
Deux dispositifs de l’Assurance maladie pour préparer la reprise
L’Essai encadré offre la possibilité au salarié de tester ses capacités sur son ancien poste (aménagé ou non) ou sur un nouveau. Il est effectué durant l’arrêt de travail pendant 14 jours (renouvelable une fois). Les indemnités journalières (IJ) sont maintenues.
La convention de rééducation professionnelle en entreprise (CRPE) est une « formation-action », qui permet de se former tout en exerçant un métier. Elle est mise en place à la fin de l’arrêt de travail dans l’entreprise d’origine ou dans une nouvelle, et ne peut excéder 18 mois. Le salarié perçoit une rémunération versée par l’Assurance maladie (sur la base du montant des IJ) et un complément de l’employeur.